Auteur : Mohamed Annabi

La stabilité de la structure des sols limoneux, qui dépend des teneurs et de la dynamique des matières organiques, est un des déterminants de la dégradation physique de ces sols allant de la formation de croûtes de battance aux risques d’érosion hydrique. Une grande proportion de ces sols ont des teneurs faibles en matières organiques. C’est pourquoi, les apports de matières organiques d’origine résiduaire pourraient contribuer à stabiliser leur structure et à limiter les risques d’érosion. Ce travail se propose d’évaluer les effets de trois types de composts urbains (compost de boue, de biodéchets, d’ordures ménagères résiduelles) sur la stabilité de la structure d’un sol limoneux. Le type de déchets compostés, et le degré de maturité des composts (peu stabilisés dits « immatures » bien stabilisés dits « mûrs ») sont pris en compte pour interpréter les résultats observés, entre autres via leurs effets sur certaines composantes microbiennes (biomasse microbienne totale et biomasse fongique) et physico-chimiques du sol (polysaccharides, hydrophobicité) dont on sait qu’ils sont des facteurs stabilisants de la structure. Les effets des composts sur la stabilité des agrégats et sur la résistance d’un lit de semence à l’action destructive des gouttes de pluie sont mesurés en conditions contrôlées de laboratoire et au champ.

Au laboratoire, des incubations de mélanges sol-compost sont menées à 2 températures (28 et 4°C) pour moduler l’activité microbienne. Les composts immatures permettent une forte stabilisation des agrégats, en liaison avec la stimulation de la microflore des sols, particulièrement la microflore fongique à faible température. Cette stimulation microbienne conduit à l’augmentation de l’hydrophobicité des agrégats, permettant une meilleure résistance au phénomène d’éclatement lors de leur humectation. L’efficacité des composts immatures augmente avec leur teneur en cellulose et en lipides. L’effet stabilisant des composts immatures diminue avec le temps, plus lentement à 4°C qu’à 28°C en relation avec la rémanence de la matière organique facilement biodégradable de composts. L’addition des composts mûrs permet également la stabilisation des agrégats avec une efficacité moindre que les composts immatures, mais de façon plus durable dans le temps. Les 3 composts mûrs ont des effets similaires, qui seraient plutôt dûs à leur richesse en substances humifiées améliorant la cohésion des agrégats. En fin d’incubation, la stabilité des agrégats est similaire avec les composts mûrs ou immatures.

L’effet des mêmes types de compost sur la stabilité de la structure dans l’horizon labouré, est mesuré au champ dans un essai de longue durée mis en place en 1998. Un effet positif des composts sur l’amélioration de la stabilité des agrégats est observé, avec cependant un rôle déterminant du facteur histoire climatique. La comparaison entre les résultats obtenus au laboratoire et ceux de l’essai au champ montre que la hiérarchie de l’efficacité des produits est respectée avec une efficacité plus importante du compost d’ordures ménagères résiduelles dont la MO est la plus biodégradable. A cette échelle d’étude on a également suivi la dégradation du lit de semence au fur et à mesure des événements pluvieux. Les composts ont permis l’atténuation de la vitesse de fermeture de la surface du sol sous des pluies de faible intensité, mais n’ont pas pu protéger le sol sous pluie orageuse.

Thèse complète : contacter l’INSA de Lyon

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